Voici ici ma complication préférée ! Je déplore qu’il n’existe pas de mouvement dans la série NH de Seiko qui en soit équipé !
La petite seconde est une alternative à la seconde centrale, que l’on trouve sur la plupart des montres et où l’aiguille des secondes est placée au centre du cadrant de la montre, alignée avec l’aiguille des heures et des minutes. Une montre équipée d’une petite seconde présente un sous-cadran dans lequel se déplace l’aiguille des secondes, cette dernière ne se trouve alors plus au centre du cadran.
La petite seconde est une complication dont l’histoire est riche car elle remonte au XVIIe siècle ! En effet, à cette époque, les montres de poche commencent à apparaître, mais comme toute nouvelle technologie, sa maîtrise n’en est qu’à ses débuts et les premières montres n’ont qu’une seule aiguille : celle des heures. Viendra un peu plus tard, avec la complexification des mouvements, celle des minutes.
L’aiguille des secondes apparaîtra également durant ce siècle, mais de façon confidentielle car la technicité des mouvements qu’elle requérait les rendait inaccessibles pour le commun des mortels.
Au XVIIIe siècle, cherchant une solution élégante pour ajouter une aiguille des secondes aux montres de poche dont la popularité va grandissante, les horlogers inventent la petite seconde, qui permet de ne pas alourdir visuellement le cadran. Dans cette optique, la petite seconde est souvent placée à 6h.
Au XIXe siècle, l’usage des montres de poche est très répandu, et avec les montres de qualité, celle de la petite seconde. Cette complication s’invite même dans les montres à savonnettes, qui proposent un boîtier refermable pour protéger le verre de la montre.
Cependant, la fin du siècle approchant, une innovation fait son apparition : la montre, telle qu’on la connaît de nos jours, à bracelet. Avec elle, et de par la praticité qu’elle apporte, la montre de poche se retrouve être désuète. Or, et vous l’aurez nécessairement remarqué, une montre de poche est significativement plus grosse qu’une montre à bracelet, il y a donc moins de place dans une montre à bracelet pour loger la mécanique supplémentaire nécessaire à la petite seconde. Cette dernière disparaît donc petit à petit, en même temps que la montre de poche.
Il faudra attendre notre époque contemporaine pour que la petite seconde retrouve ses lettres de noblesse grâce à l’attrait de modèles vintage et à l’essor de l’horlogerie indépendante. Il est aujourd’hui assez simple de trouver des montres présentant une petite seconde.
